La Banque de France a publié le 15 septembre 2026 ses nouvelles projections macroéconomiques intermédiaires, et elles confirment une croissance française durablement atone. L’institution abaisse sa prévision de croissance du PIB pour 2026 à 0,4 %, contre 0,5 % anticipé en juin, tandis que l’inflation attendue est revue à la baisse, à 2,3 % au lieu de 2,5 %. Décryptage de ce que ces chiffres changent concrètement.
Après un premier trimestre 2026 en repli de 0,2 % et un deuxième trimestre totalement stable, la Banque de France explique ce ralentissement par un affaiblissement des services marchands, un recul persistant de la construction et les premiers effets de la canicule estivale sur la production agricole. L’institution insiste toutefois sur l’absence de « décrochage » : elle table sur une accélération progressive, avec une croissance attendue à 0,9 % en 2027 puis 1,2 % en 2028.
Après une inflation moyenne de 0,9 % en 2025, la Banque de France anticipe désormais 2,3 % pour 2026, une correction à la baisse par rapport aux 2,5 % projetés en juin, principalement due à des prix du pétrole plus faibles que prévu. La trajectoire se poursuivrait avec 1,9 % en 2027 puis 1,6 % en 2028. Un rythme de hausse des prix qui reste néanmoins supérieur à celui observé en 2025, un paramètre à surveiller pour l’épargne des ménages, dont le rendement réel dépend directement de ce niveau d’inflation.
Sur le terrain, l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France révèle que 36 % des entreprises ont relevé leurs prix de vente au moins une fois entre mars et août 2026, contre 20 % habituellement sur la même période. Les difficultés de recrutement, elles, concernent 17 % des entreprises en août, en légère baisse par rapport à juillet. Pour septembre, les chefs d’entreprise anticipent un rythme d’activité plus soutenu dans l’industrie et les services, mais une stabilité dans le bâtiment. Ce climat d’attentisme touche aussi les budgets de communication, comme le montre le récent repli des budgets publicitaires des marques françaises.
Le 11 septembre 2026, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle Roland Lescure a actualisé le scénario macroéconomique du Gouvernement, en annonçant 1,3 milliard d’euros de mesures de redressement destinées à maîtriser les dépenses de l’État. Un effort budgétaire qui s’ajoute aux arbitrages déjà engagés sur d’autres postes, comme la piste de taxation de l’épargne salariale évoquée par ailleurs.
Non. Le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre 2026 puis s’est stabilisé au deuxième, mais la Banque de France ne parle pas de récession : elle anticipe une croissance faible mais positive sur l’ensemble de l’année, avec une accélération progressive à partir de 2027.
Principalement parce que les prix du pétrole se sont révélés plus bas que ce qui avait été anticipé en juin 2026, ce qui allège une partie de la facture énergétique des ménages et des entreprises.
Une entreprise sur trois environ a déjà relevé ses prix de vente entre mars et août 2026, un rythme supérieur à la normale, tandis que les difficultés de recrutement se stabilisent légèrement. Les perspectives de septembre restent toutefois marquées par la prudence, notamment dans le secteur du bâtiment.
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