L’Insee l’a confirmé le 14 août 2026 : l’inflation 2026 s’est stabilisée à 2,1 % sur un an en juillet, après une séquence en dents de scie (2,4 % en mai, 1,8 % en juin). Une donnée technique en apparence, mais qui a des conséquences très concrètes pour des millions de Français : depuis le 1er août, le taux du Livret A est passé à 1,7 %. Autrement dit, l’épargne la plus populaire du pays rapporte aujourd’hui moins que la hausse des prix ne grignote son pouvoir d’achat. De quoi reposer une question simple : où placer son argent quand l’épargne réglementée ne suit plus l’inflation ?
Le calcul est arithmétique : avec un taux de 1,7 % et une inflation de 2,1 %, le rendement réel du Livret A s’établit autour de -0,4 % sur un an. Concrètement, un épargnant qui laisse 10 000 € sur son livret ne perd pas d’argent en valeur affichée, mais perd du pouvoir d’achat : avec les mêmes 10 170 € récupérés dans un an, il pourra acheter un peu moins de biens et services qu’aujourd’hui. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), aligné sur le même taux, subit exactement le même sort.
Il existe toutefois une exception notable : le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux foyers modestes sous conditions de ressources, conserve depuis le 1er février 2026 un taux de 2,50 %, maintenu lors de la révision du 1er août. Face à une inflation de 2,1 %, il reste le seul produit d’épargne réglementée à offrir un rendement réel positif, d’environ +0,4 % sur un an. Pour les ménages éligibles – environ un tiers des foyers français selon les seuils de revenu fiscal de référence – vérifier son éligibilité au LEP est donc devenu un réflexe financier plus rentable que jamais.
Cette question du pouvoir d’achat de l’épargne s’inscrit dans un tableau macroéconomique contrasté publié également par l’Insee : la croissance du produit intérieur brut s’est limitée à 0,2 % entre avril et juin 2026, tandis que le taux de chômage se maintient à 8,3 % au deuxième trimestre. Une croissance modeste, une inflation qui repart par à-coups liés à l’énergie, et une épargne réglementée qui peine à suivre : ce sont ces indicateurs croisés qui orientent aujourd’hui les arbitrages des ménages entre épargne de précaution, projets immobiliers et consommation courante. Les professionnels du secteur, de leur côté, surveillent aussi ces chiffres pour ajuster leurs prévisions, un sujet suivi de près par les acteurs de la vie économique et entrepreneuriale locale.
Le taux du Livret A est révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, selon une formule officielle qui prend en compte l’inflation et les taux interbancaires à court terme. Il est passé de 1,5 % à 1,7 % à cette dernière révision.
Non, le Livret d’épargne populaire est réservé aux personnes dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond fixé chaque année, qui varie selon la composition du foyer et le lieu de résidence.
Pas nécessairement : le Livret A reste un outil d’épargne de précaution sûr, disponible immédiatement et non fiscalisé. La question du rendement réel négatif concerne surtout les sommes qui dépassent ce besoin de sécurité immédiate.
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