Depuis le début des années 2020, les géodésiens observent un phénomène inédit depuis que les horloges atomiques existent : la rotation de la Terre accélère, produisant certaines des journées les plus courtes jamais mesurées. Mais les données les plus récentes de 2026 dessinent un rebondissement que peu attendaient.
Le 26 juillet 2026, la Terre a connu l’un des jours les plus courts jamais enregistrés à l’ère des horloges atomiques : -0,65 milliseconde par rapport aux 24 heures théoriques, selon les données du service international de la rotation terrestre (IERS). Un record impressionnant, mais moins extrême que celui de l’année précédente, où la journée du 10 juillet 2025 avait été mesurée à -1,37 milliseconde. Pour le géodésiste Leonid Zotov, de l’université d’État de Moscou, ce tassement indique que « le minimum le plus profond de la dernière décennie a été franchi » : après des années d’accélération, la planète amorcerait un nouveau ralentissement.
Cette accélération inédite avait relancé un débat scientifique rare : faudrait-il un jour retirer une seconde au temps universel coordonné (UTC), plutôt que d’en ajouter une comme cela s’est toujours fait depuis 1972 ? Ce serait une première absolue dans l’histoire de la métrologie du temps. En juillet 2026, l’IERS a tranché pour le court terme : aucune seconde intercalaire, positive ou négative, ne sera appliquée fin décembre 2026. Mais l’organisme évalue à environ 40 % la probabilité qu’une seconde négative soit malgré tout nécessaire d’ici 2035, si la tendance à l’accélération reprenait le dessus.
L’enjeu est loin d’être anecdotique : une seconde intercalaire négative n’a jamais été testée sur les systèmes informatiques mondiaux, contrairement aux 27 secondes positives ajoutées depuis 1972. Bases de données, serveurs financiers, réseaux de télécommunication : personne ne sait avec certitude comment ces infrastructures réagiraient à un retrait plutôt qu’à un ajout.
Paradoxalement, c’est en partie le réchauffement climatique qui a jusqu’ici freiné l’accélération de la Terre. La fonte des glaces polaires, comme celle observée sur le glacier Petermann au Groenland, redistribue de la masse depuis les pôles vers l’équateur, ce qui ralentit légèrement la rotation de la planète — un peu comme un patineur qui écarte les bras pour tourner moins vite. Sans cet effet, expliquent plusieurs géophysiciens, la Terre aurait probablement atteint le seuil justifiant une seconde négative dès 2026, au lieu d’un horizon repoussé vers la fin de la décennie.
La cause première de l’accélération, elle, se trouve beaucoup plus profond : des mouvements au sein du noyau terrestre modifient depuis une cinquantaine d’années la distribution de masse de la planète et, avec elle, la vitesse à laquelle elle tourne sur elle-même.
Cette chasse à la milliseconde n’a rien d’anecdotique pour les disciplines qui dépendent d’une synchronisation extrême : navigation par satellite, télécommunications, ou encore calcul quantique, un domaine où la fiabilité des horloges de référence conditionne directement la validité des résultats. Plus largement, cette capacité à mesurer des écarts inférieurs à la milliseconde illustre les progrès continus des sciences de précision, un terrain où la recherche française n’est pas en reste : elle a d’ailleurs été récompensée par la Médaille Fields 2026, qui a distingué des travaux touchant notamment à la modélisation mathématique de systèmes dynamiques complexes.
Pour l’instant, aucun changement ne sera perceptible dans la vie quotidienne : les horloges de nos smartphones continueront de s’ajuster automatiquement, sans intervention manuelle. Mais le sujet restera surveillé de près par les scientifiques dans les années à venir, à mesure que de nouvelles données viendront préciser si la Terre reprend sa course folle ou confirme son ralentissement.
Les scientifiques attribuent ce phénomène à des mouvements internes du noyau terrestre, qui modifient la répartition de la masse de la planète et donc sa vitesse de rotation, un mécanisme observé depuis une cinquantaine d’années.
Contrairement aux 27 secondes intercalaires positives ajoutées depuis 1972 pour compenser un léger ralentissement de la Terre, une seconde négative consisterait à retirer une seconde au temps universel coordonné parce que la planète tourne trop vite. Cela n’a encore jamais été fait.
Non : l’IERS a confirmé en juillet 2026 qu’aucune seconde intercalaire ne serait appliquée fin décembre 2026. L’organisme évalue toutefois à environ 40 % la probabilité qu’une seconde négative soit nécessaire d’ici 2035.
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