Le salon Maison&Objet a fermé ses portes ce 14 septembre à Paris Nord Villepinte, après cinq jours qui ont réuni environ 1 700 exposants venus de plusieurs dizaines de pays. Derrière les tendances déco qui font le tour des réseaux sociaux, l’édition 2026 raconte surtout un marché du meuble français encore convalescent, mais qui montre les premiers signes d’un vrai redémarrage.
Organisé du 10 au 14 septembre autour du thème « Pulse in Motion », imaginé avec le bureau de style NellyRodi, le salon s’est déployé sur quatre halls et sept secteurs, du mobilier à la décoration en passant par l’art de la table et le bien-être. Selon les organisateurs, environ 70 000 visiteurs professionnels étaient attendus sur la semaine, confirmant le statut de rendez-vous de référence pour les acheteurs et les designers, en dépit d’un contexte économique loin d’être florissant pour le secteur.
Les chiffres publiés cette rentrée rappellent la prudence qui reste de mise : le marché français du meuble a représenté environ 13,6 milliards d’euros en 2025, en recul de 1,8 % sur un an, après des baisses de 2,5 % en 2023 puis de 5,1 % en 2024. Le début d’année 2026 est resté difficile, avec une activité en février inférieure de plus de 25 % à son niveau de 2021, et un mois de mai marqué par la plus forte chute mensuelle de l’année (-6,9 %). Le second semestre 2025 avait pourtant enregistré cinq mois consécutifs de croissance, signe que la reprise reste fragile mais réelle.
Dans ce paysage contrasté, un segment se distingue nettement : les cuisines équipées, qui pèsent près de 3,8 milliards d’euros, soit 28 % du marché total, et affichent une progression de 3,8 %, seule catégorie réellement en croissance. Plusieurs facteurs soutiennent cette dynamique : la stabilisation du pouvoir d’achat des ménages, le redémarrage des transactions dans l’immobilier ancien (+11 % de transactions) et la baisse progressive des taux de crédit, qui redonnent aux ménages l’envie d’investir dans leur intérieur au moment d’un déménagement ou d’une rénovation.
Sur les stands de Villepinte, quatre lignes de force se dégagent pour la rentrée :
Cette montée des teintes profondes et des matières brutes confirme une tendance déjà repérée à la rentrée, entre minimalisme organique et vert sauge : les Français cherchent moins à tout changer qu’à mieux choisir, quitte à privilégier des pièces uniques plutôt qu’un mobilier standardisé. Le succès grandissant des loisirs créatifs et de l’upcycling va dans le même sens : on personnalise et on répare plutôt que de racheter systématiquement.
Non, le salon est strictement réservé aux professionnels du secteur (designers, distributeurs, acheteurs), contrairement à la Paris Design Week qui propose de son côté des événements en accès libre dans plusieurs quartiers parisiens.
Pas encore de façon uniforme : après trois années de baisse, le secteur montre des signaux positifs ponctuels, mais reste inférieur à son niveau d’avant 2021, à l’exception notable des cuisines équipées, en croissance continue.
Les professionnels y voient une réponse à plusieurs années de décoration très minimaliste : les ménages recherchent désormais des intérieurs plus chaleureux et personnalisés, quitte à privilégier quelques pièces fortes plutôt qu’une remise à neuf complète.
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