dimanche, août 9, 2026

Mangroves : l’écosystème vital qui recule dans le monde entier

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Thomas Vasseur
Thomas Vasseur
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Chaque année, le 26 juillet, une date discrète rappelle l’existence d’un écosystème que la plupart des habitants des pays tempérés ne verront jamais : la mangrove. Proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 2015, cette journée internationale vise à alerter sur la disparition accélérée de ces forêts amphibies, à la frontière entre terre et mer. Loin d’être un sujet exotique réservé aux tropiques, la santé des mangroves concerne directement le climat mondial, la sécurité côtière et l’économie de dizaines de pays.

Un rempart naturel menacé

Les mangroves ne sont pas de simples forêts littorales. Elles forment des barrières naturelles qui absorbent l’énergie des tempêtes et limitent l’érosion des côtes, tout en stockant d’importantes quantités de carbone dans leurs racines et leurs sédiments. Cette double fonction — protection physique et puits de carbone — en fait l’un des écosystèmes les plus précieux face au changement climatique.

Or, ce rempart recule. Selon les données relayées à l’occasion de la journée 2026, la couverture mondiale de mangroves a été divisée par deux en quarante ans. Une part majeure de cette destruction est attribuée à l’expansion de l’aquaculture industrielle de crevettes, qui aurait détruit à elle seule plus d’un tiers des mangroves de la planète.

Le contre-exemple béninois

Face à ce constat, certaines initiatives locales dessinent une trajectoire inverse. Dans la Réserve de biosphère de la Basse Vallée de l’Ouémé, au Bénin, des actions de terrain menées avec les communautés riveraines ont permis la restauration de vingt-deux hectares de mangroves et la sacralisation de six sites en 2025 — une pratique locale qui place certaines zones sous protection coutumière, en complément des dispositifs légaux.

Ce type de programme illustre une tendance observée dans plusieurs pays côtiers d’Afrique de l’Ouest : la conservation des mangroves y repose de plus en plus sur une alliance entre ONG environnementales, chercheurs et populations locales, plutôt que sur la seule réglementation descendante.

Pourquoi ce sujet dépasse les frontières

  • Les mangroves abritent une biodiversité unique : poissons juvéniles, crustacés, oiseaux migrateurs y trouvent une nurserie naturelle.
  • Leur disparition expose davantage les populations côtières aux submersions marines, un risque déjà documenté dans plusieurs deltas tropicaux.
  • Leur rôle de puits de carbone en fait un enjeu discuté dans les négociations climatiques internationales, au même titre que les forêts tropicales.

À l’heure où les grandes conférences internationales se concentrent souvent sur les grands équilibres macroéconomiques ou diplomatiques, la trajectoire des mangroves rappelle que certains des indicateurs les plus parlants du changement climatique se mesurent à l’échelle d’un hectare de vase et de racines. Pour en savoir plus sur les grands enjeux planétaires, notre rubrique actualités internationales suit régulièrement ces sujets, tout comme notre rubrique écologie et climat qui documente les initiatives de restauration à travers le monde.

Questions fréquentes

Pourquoi une journée internationale est-elle consacrée aux mangroves ?

Elle a été proclamée par l’UNESCO en 2015 pour sensibiliser à la fragilité de cet écosystème et promouvoir des solutions de gestion durable, à une date fixée chaque 26 juillet.

Quelle est la principale cause de destruction des mangroves ?

L’expansion de l’aquaculture industrielle, en particulier l’élevage intensif de crevettes, est identifiée comme l’un des principaux facteurs de destruction, aux côtés de l’urbanisation littorale.

Des restaurations de mangroves existent-elles ailleurs qu’en Afrique ?

Oui, des programmes similaires existent en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, mais le cas de la Basse Vallée de l’Ouémé au Bénin illustre une méthode reproductible associant communautés locales et suivi scientifique. Les amateurs de voyages responsables peuvent également suivre ces initiatives via notre rubrique voyage et tourisme, qui aborde le tourisme durable dans les zones littorales sensibles.

Sources

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