Une entreprise française vient de franchir une étape rare pour le secteur : Pasqal, spécialiste du calcul quantique à atomes neutres, est cotée au Nasdaq depuis fin août 2026. Trois semaines plus tard, la société place déjà sa technologie sur un terrain très concret, aux côtés de l’intelligence artificielle : la séparation des terres rares, ces métaux stratégiques indispensables à l’électronique et aux énergies vertes.
Le 28 août 2026, Pasqal a rejoint le Nasdaq sous le symbole PSQL, à l’issue d’un rapprochement avec une société d’acquisition spécialisée (SPAC). L’opération valorise l’entreprise autour de 2 milliards de dollars et lui apporte environ 360 millions de dollars de trésorerie pour accélérer son développement. Un tournant pour cette pépite née à Massy, dans l’Essonne, qui construit des ordinateurs quantiques à partir d’atomes individuels piégés par laser.
Dès le 17 septembre 2026, Pasqal a annoncé un partenariat avec l’américain USA Rare Earth et le laboratoire Riven Systems. Objectif : utiliser des algorithmes d’apprentissage automatique quantique pour identifier de nouvelles molécules capables d’améliorer les procédés de séparation des terres rares, un maillon industriel aujourd’hui dominé par la Chine. Les processeurs quantiques de Pasqal servent ici à explorer des combinaisons chimiques que les méthodes classiques peinent à modéliser efficacement.
Ce partenariat s’appuie sur des résultats publiés par Pasqal quelques mois plus tôt : en comparant des qubits logiques (une méthode de correction d’erreurs) à des qubits physiques classiques pour résoudre des équations différentielles, l’entreprise a mesuré un gain de performance moyen supérieur à 50 % sur un millier d’équations testées, avec un facteur dix sur certains cas non linéaires. C’est ce type de brique technique qui est aujourd’hui réutilisé pour explorer, molécule par molécule, de nouvelles voies de séparation des terres rares.
L’alliance entre calcul quantique et intelligence artificielle ne se limite plus à la recherche fondamentale : elle s’invite désormais dans les choix industriels et financiers. L’arrivée de Pasqal sur un marché boursier américain illustre aussi comment l’épargne des investisseurs se tourne vers ces technologies de rupture — un mouvement à suivre, un peu comme celui qui redessine actuellement les placements des Français en 2026. Sur le plan scientifique, la France conserve une place notable dans cette course : le pays a d’ailleurs vu plusieurs de ses chercheurs récompensés cette année, comme le rappelle le palmarès 2026 de la médaille Fields. Reste que cette montée en puissance de l’IA appliquée s’accompagne aussi d’un encadrement réglementaire renforcé, en particulier depuis que l’Europe a rendu obligatoire l’étiquetage des contenus générés par IA, un signe que la technologie progresse aussi vite que son encadrement.
Pasqal utilise des atomes neutres individuels piégés par laser comme qubits, une architecture différente des puces supraconductrices utilisées par d’autres acteurs du secteur, et mise sur cette approche pour atteindre un avantage quantique pratique.
Les algorithmes de machine learning quantique permettent de modéliser des interactions moléculaires complexes plus rapidement que les méthodes classiques, ce qui aide à identifier de nouvelles molécules capables de faciliter la séparation chimique de ces métaux stratégiques.
Pasqal a été fondée en France, près de Paris, où se trouvent toujours ses équipes de recherche et de production. Sa cotation au Nasdaq depuis août 2026 lui donne un accès direct aux capitaux américains, sans changer la localisation de son activité.
L’Usine Nouvelle,
The Quantum Insider,
Pasqal (communiqué officiel).
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