Dans la nuit du 4 au 5 octobre, une pièce unique signée Salvador Dalí a disparu du Centre d’art contemporain d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme. L’objet n’est pas une toile mais une reliure géante en bronze, or et pierres précieuses, pesant à elle seule 150 kilos. Ce vol d’une œuvre d’art exceptionnelle relance une question que les petits musées français préfèrent ne pas trop évoquer : comment protéger des trésors uniques avec des moyens qui n’ont rien de ceux du Louvre ?
Une œuvre hors norme, née d’une collaboration unique
Le « Livre de l’Apocalypse de Saint Jean » a été conçu par Dalí entre 1958 et 1961. Son texte, inspiré de l’Apocalypse de saint Jean, a été illustré sur d’immenses parchemins par quatorze grandes figures du XXe siècle, parmi lesquelles Jean Cocteau, Bernard Buffet et Jean Giono. Au total, l’ouvrage pèse 210 kilos : une pièce de bibliophilie monumentale plus proche de la sculpture que du livre d’artiste classique. Sa valeur est estimée à plus de 300 000 euros, et seule la reliure dessinée par Dalí a été emportée par les voleurs.
Pourquoi ce genre de vol inquiète les musées de taille modeste
Un établissement comme le Centre d’art contemporain d’Issoire n’a ni les effectifs, ni le budget de sécurité d’un grand musée parisien. Beaucoup de collections régionales françaises conservent pourtant des pièces rares, parfois uniques au monde, avec des dispositifs de surveillance pensés pour décourager le vandalisme ordinaire plutôt qu’un cambriolage ciblé et organisé. Ce décalage entre la valeur patrimoniale d’une œuvre et les moyens réellement déployés pour la protéger est au cœur des interrogations soulevées par cette affaire.
- Des œuvres rares exposées dans des structures aux budgets limités
- Des systèmes d’alarme souvent calibrés pour de petits objets, pas pour un vol organisé
- Une pièce difficile à revendre telle quelle, qui pourrait être démontée pour la matière (or, bronze, pierres)
- Une enquête policière ouverte, mais des précédents de récupération longs, voire jamais résolus
La question du financement de la sécurité muséale rejoint d’ailleurs d’autres débats sur le patrimoine mondial et sa préservation, régulièrement discutés au niveau international.
Un patrimoine littéraire et artistique à préserver
Cette affaire rappelle aussi combien les collaborations entre écrivains et plasticiens ont marqué le XXe siècle. Elle fait écho à l’intérêt croissant du public pour les lieux qui racontent l’histoire des grands auteurs, comme en témoigne le succès de l’exposition consacrée à Victor Hugo à Paris. Les festivals littéraires qui se multiplient partout en France contribuent eux aussi à remettre en lumière ce patrimoine du livre, à l’heure où une partie de ces trésors reste pourtant mal protégée.
Que risque l’œuvre si elle n’est pas retrouvée ?
Les enquêteurs n’excluent aucune piste, mais le scénario redouté par les spécialistes du patrimoine est la fonte de la reliure pour en récupérer l’or et le bronze. Une pièce aussi identifiable est en effet très difficile à écouler auprès de collectionneurs légitimes. Si cette hypothèse se confirmait, ce serait la disparition définitive d’une œuvre irremplaçable, et pas seulement un vol avec espoir de restitution.
Questions fréquentes
De quelle œuvre s’agit-il exactement ?
Il s’agit de la reliure en bronze, or et pierres précieuses du « Livre de l’Apocalypse de Saint Jean », une pièce unique dessinée par Salvador Dalí entre 1958 et 1961 pour accompagner des illustrations signées par quatorze artistes et écrivains du XXe siècle.
Où et quand le vol a-t-il eu lieu ?
L’œuvre a été dérobée dans la nuit du 4 au 5 octobre au Centre d’art contemporain d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Une enquête de police a été ouverte dès la découverte du vol.
Quelle est la valeur de l’œuvre volée ?
La reliure et l’ouvrage dans son ensemble sont estimés à plus de 300 000 euros, une valeur qui tient autant à la rareté de la pièce qu’à la quantité de métaux précieux employés.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

