La randonnée pédestre confirme son statut de valeur sûre du sport français. Les chiffres publiés cet été par la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRandonnée) dessinent une tendance nette : marcher est devenu, pour des millions de Français, la façon la plus simple et la plus régulière de bouger. Loin des podiums et des chronomètres, cette pratique douce s’impose comme un pilier de l’activité physique nationale.
Une fédération qui grossit à vue d’œil
Selon les données communiquées par la FFRandonnée, l’organisation comptait environ 245 000 licenciés à la fin du mois de juin 2026, contre 237 000 quelques mois plus tôt. L’objectif affiché par la fédération est ambitieux : atteindre les 500 000 licenciés d’ici 2028. Le réseau s’appuie sur près de 3 500 clubs affiliés, capables de proposer des sorties adaptées à tous les niveaux, de la balade familiale à la randonnée sportive en moyenne montagne.
Le profil des adhérents surprend par sa féminisation marquée : les femmes représentent 63 % des licenciés, et la moitié des pratiquants a entre 60 et 69 ans. La randonnée accompagne ainsi le vieillissement actif, à rebours de l’image souvent associée aux seuls sports de compétition. Les clubs évoluent en ce sens : 88 % proposent désormais des marches faciles accessibles à tous, un quart de la marche nordique, et un sur dix est labellisé Rando Santé, dispositif pensé pour les publics fragiles ou en reprise d’activité.
La marche, activité la plus pratiquée du pays
Ce dynamisme fédéral s’inscrit dans un mouvement plus large. D’après le bilan national de la pratique sportive, 61 % des Français de 15 ans et plus déclarent pratiquer une activité physique régulière, soit une progression de 7 points par rapport à 2018. Et c’est justement la famille marche et course qui arrive en tête : 32 % des personnes interrogées disent la pratiquer chaque semaine, contre 25 % huit ans plus tôt. Autres enseignements marquants de cette enquête :
- 46 % des pratiquants exercent principalement en plein air, loin des salles fermées ;
- l’écart de pratique entre hommes et femmes s’est resserré à seulement 1 point ;
- près d’un quart des Français ont participé à au moins une manifestation sportive dans l’année ;
- 48 % se rendent à pied sur leur lieu de pratique principal, brouillant la frontière entre déplacement quotidien et exercice physique.
Ce basculement traduit un changement d’état d’esprit : le sport n’est plus seulement associé à la performance, mais de plus en plus au bien-être et à la reconnexion avec l’extérieur. La randonnée coche toutes ces cases, sans matériel coûteux ni contrainte d’horaires.
Des sentiers toujours plus nombreux et mieux entretenus
Cette progression s’appuie sur un patrimoine que la fédération continue d’étoffer : plus de 228 000 kilomètres de sentiers balisés sont aujourd’hui recensés sur le territoire, entretenus grâce à des milliers de bénévoles baliseurs. Ce maillage, l’un des plus denses d’Europe, explique pourquoi la randonnée reste accessible dans presque tous les départements, des boucles courtes autour d’un village aux itinéraires de grande randonnée traversant plusieurs régions.
Pour les collectivités locales et les acteurs du tourisme, cette dynamique représente aussi une opportunité économique : hébergements et commerces de proximité profitent de la fréquentation des sentiers, en particulier durant l’été et les ponts de septembre.
Un bénéfice qui dépasse le simple exercice physique
Au-delà des chiffres, les professionnels de santé rappellent les bienfaits d’une marche régulière : renforcement cardiovasculaire, entretien musculaire, effet positif sur le sommeil et l’anxiété. C’est pour cela que le dispositif Rando Santé, porté par certains clubs affiliés, cible les personnes en surpoids, en convalescence ou avancées en âge, dans une logique de prévention santé accessible à tous les budgets.
Cette montée en puissance de la randonnée s’inscrit plus largement dans les tendances observées sur l’ensemble des activités sportives pratiquées en France, où les formats libres et non compétitifs gagnent chaque année du terrain face aux disciplines encadrées traditionnelles.
Questions fréquentes
Faut-il une licence pour randonner en France ?
Non, la randonnée peut se pratiquer librement sur la plupart des sentiers balisés. La licence FFRandonnée apporte toutefois une assurance dédiée, l’accès aux sorties encadrées par des clubs et un soutien à l’entretien des sentiers.
Quel est le profil type des randonneurs licenciés ?
Les statistiques 2026 de la fédération montrent une majorité de femmes (63 %) et une forte proportion de seniors, la moitié des licenciés ayant entre 60 et 69 ans.
Qu’est-ce que le label Rando Santé ?
Il s’agit d’un dispositif proposé par certains clubs affiliés, avec des marches adaptées aux personnes fragiles, en surpoids ou en reprise d’activité physique après une période d’inactivité ou une maladie.

