À compter du 1er août 2026, le taux du Livret A passe de 1,50 % à 1,70 %. Une hausse modeste mais bien réelle, qui concerne près de 57 millions de détenteurs en France. Voici ce que ce nouveau taux change concrètement pour votre épargne, comment il a été calculé et pourquoi il ne suffit pas, à lui seul, à protéger votre pouvoir d’achat.
Ce qui change au 1er août 2026
Le taux du Livret A, gelé à 1,50 % depuis le 1er février 2026, est relevé à 1,70 %. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont la rémunération est indexée sur celle du Livret A, suit exactement le même mouvement et affiche lui aussi 1,70 %. Concrètement, pour un Livret A rempli au plafond de 22 950 euros, l’écart entre 1,50 % et 1,70 % représente environ 46 euros d’intérêts supplémentaires sur une année pleine.
Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes sous conditions de revenus, ne bouge pas : il se maintient à 2,5 %. La Banque de France a recommandé de ne pas appliquer strictement la formule de calcul, qui aurait fait tomber ce taux à 2,20 %. Les titulaires du LEP conservent donc un léger coup de pouce, dans un contexte où ce produit reste le placement sans risque le plus avantageux.
Pourquoi 1,70 % et pas davantage
Contrairement au LEP, le Livret A a vu sa formule de calcul appliquée à la lettre. Depuis 2021, ce taux correspond à la moyenne semestrielle de l’inflation et des taux interbancaires à court terme (l’indice €STR), arrondie au dixième de point le plus proche. Avec une inflation moyenne de l’ordre de 1,52 % sur les six premiers mois de l’année, le calcul aboutit mécaniquement à 1,7 %. Ni le gouvernement ni la Banque de France n’ont cette fois choisi de « geler » ou de rehausser artificiellement le résultat.
Ce retour à la formule marque une différence avec les mois précédents, durant lesquels le taux avait été maintenu de façon dérogatoire. Pour les épargnants, le message est clair : la rémunération du Livret A suit désormais de près la trajectoire de l’inflation.
Un rendement qui reste sous l’inflation
La bonne nouvelle du relèvement doit être nuancée. L’inflation en rythme annuel est estimée autour de 2 % pour 2026. Avec un Livret A à 1,70 %, le rendement réel de l’épargne réglementée reste donc légèrement négatif : l’argent placé perd un peu de sa valeur au fil du temps. Le Livret A conserve toutefois ses atouts majeurs : disponibilité immédiate, absence de risque et exonération totale d’impôt et de prélèvements sociaux.
Pour ceux qui y sont éligibles, le LEP à 2,5 % demeure la meilleure option pour une épargne de précaution, puisqu’il fait mieux que l’inflation. Diversifier reste par ailleurs pertinent : au-delà de l’épargne de court terme, d’autres placements de long terme peuvent compléter une stratégie patrimoniale, selon l’horizon et l’appétit au risque de chacun.
Faut-il agir avant le 1er août ?
Non : la revalorisation s’applique automatiquement à tous les livrets existants, sans aucune démarche. Il est toutefois utile de vérifier que votre épargne de précaution couvre bien trois à six mois de dépenses courantes, et que votre Livret A n’est pas déjà au plafond. Au-delà, les sommes ne rapportent plus rien : mieux vaut alors les orienter vers un LDDS, un LEP si vous y avez droit, ou d’autres supports. Ce petit arbitrage relève des mêmes réflexes que ceux d’une gestion attentive du budget au quotidien.
Questions fréquentes
Le nouveau taux de 1,70 % s’applique-t-il à mon épargne déjà placée ?
Oui. Le taux révisé s’applique à l’ensemble des sommes présentes sur votre Livret A et votre LDDS dès le 1er août 2026, sans distinction entre l’argent déjà déposé et les versements à venir. Aucune démarche n’est nécessaire.
Le LEP est-il vraiment plus intéressant que le Livret A ?
Pour les personnes éligibles, oui. À 2,5 %, le LEP offre un rendement supérieur au Livret A et à l’inflation attendue. Son plafond est cependant plus bas (10 000 euros) et il est soumis à des conditions de revenus vérifiées chaque année.
Le taux peut-il encore évoluer après août 2026 ?
Oui. Le taux du Livret A est révisé en principe deux fois par an, au 1er février et au 1er août, en fonction de la formule liée à l’inflation et aux taux interbancaires. Une nouvelle révision est donc attendue au 1er février 2027, à la hausse ou à la baisse selon la conjoncture.

