De plus en plus de Français se couchent avec une montre connectée au poignet, dans l’espoir de mieux surveiller leur sommeil. Mais pour une partie d’entre eux, cette surveillance tourne à l’obsession : c’est ce que les spécialistes appellent désormais l’orthosomnie, une anxiété liée au score de sommeil affiché chaque matin par l’application.
Un trouble qui se nourrit des outils censés rassurer
Le mécanisme est presque paradoxal : les montres et bagues connectées sont achetées pour mieux dormir, mais elles finissent parfois par aggraver l’insomnie qu’elles devaient combattre. Une psychologue spécialisée dans le sommeil, interrogée par 24 Matins, résume le phénomène ainsi : « nous nous obsédons avec l’idée de bien dormir, et c’est précisément cela qui nous empêche d’y parvenir ». Le coucher devient une épreuve à réussir, et un cerveau qui aborde la nuit comme un examen a plus de mal à se détendre.
Chez les personnes concernées, un mauvais score au réveil déclenche un sentiment d’échec disproportionné, parfois jusqu’au refus de toute sortie en soirée par peur de « gâcher » les statistiques du lendemain. L’anxiété de performance remplace alors le ressenti physique réel.
Des données moins fiables qu’il n’y paraît
Le paradoxe est renforcé par la fiabilité limitée de ces appareils. Une étude comparative publiée fin 2024 dans la revue scientifique Sensors montre que la précision des trackers pour distinguer sommeil léger, profond et paradoxal chute entre 50 % et 86 % selon les modèles, avec des marges d’erreur pouvant atteindre 30 % sur la durée totale du sommeil. Autrement dit, le score de sommeil sur lequel s’alarment de nombreux utilisateurs repose sur une mesure approximative, loin de la précision clinique d’un laboratoire du sommeil.
- Marge d’erreur jusqu’à 30 % sur la durée totale de sommeil mesurée
- Précision de 50 % à 86 % seulement pour distinguer les phases de sommeil
- Un score dégradé peut suffire à déclencher une nuit d’anxiété chez les profils sensibles
Reprendre la main sur son sommeil, sans jeter sa montre
Les spécialistes ne recommandent pas d’abandonner ces objets, utiles pour repérer de grandes tendances sur plusieurs semaines, mais d’arrêter de les consulter comme un verdict quotidien. Mieux vaut se fier aux signaux du corps — fatigue réelle, capacité de concentration dans la journée — qu’à un chiffre isolé. Quelques repères simples aident à sortir du cercle : limiter les écrans avant le coucher, garder des horaires réguliers, et surtout ne pas vérifier son score de sommeil dès le réveil. Pour les lecteurs qui veulent approfondir le sujet, notre article sur le lien entre stress et sommeil chez les enfants détaille des mécanismes proches, à un autre âge de la vie.
Ce constat rejoint une tendance de fond déjà observée dans notre enquête sur le paradoxe sommeil-bien-être des Français à la rentrée : les Français dorment moins bien malgré une attention croissante portée à leur santé. Un lien que confirme aussi notre article sur l’évolution de la santé mentale au travail, où le sommeil figure parmi les premiers indicateurs cités par les salariés.
Si le sujet vous intéresse au-delà du bien-être au quotidien, la question rejoint aussi des enjeux plus larges de fiabilité des objets connectés et de santé publique liés à l’essor de ces outils de mesure personnelle.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’orthosomnie ?
C’est une forme d’insomnie provoquée par l’obsession d’obtenir un sommeil « parfait », souvent entretenue par les scores donnés par les montres ou bagues connectées. Le stress généré par un mauvais score empêche de s’endormir, ce qui dégrade encore la nuit suivante.
Les montres connectées mesurent-elles vraiment bien le sommeil ?
Elles mesurent assez correctement la durée globale du sommeil, mais restent peu fiables pour distinguer les phases (léger, profond, paradoxal), avec des écarts de précision importants selon les études et les modèles.
Comment éviter de développer de l’anxiété liée au sommeil ?
Il est conseillé de ne pas consulter son score dès le réveil, de se fier davantage à son ressenti dans la journée, de garder des horaires de coucher réguliers et de limiter les écrans en soirée.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

