Depuis le 1er octobre, l’entretien professionnel change de nom et de forme dans toutes les entreprises françaises : il devient l’entretien de parcours professionnel. Issue de la loi du 24 octobre 2025, cette réforme touche chaque salarié, quelle que soit la taille de l’entreprise, et redéfinit la fréquence des rendez-vous consacrés à l’évolution de carrière.
Ce nouvel entretien doit désormais être organisé dans l’année qui suit l'embauche, puis renouvelé tous les quatre ans au lieu de deux. L’état des lieux récapitulatif, qui permet de vérifier si le salarié a bénéficié d’au moins une formation ou d’une progression salariale, passe lui aussi d’une périodicité de six à huit ans. Ce changement de calendrier, encore méconnu de nombreux salariés, modifie concrètement le rythme des échanges entre employeurs et équipes RH.
Pourquoi ce changement de rythme
L’objectif affiché par les partenaires sociaux est de recentrer l’entretien sur un vrai accompagnement de carrière plutôt que sur une formalité administrative répétée trop souvent. En espaçant les rendez-vous obligatoires, les entreprises doivent en contrepartie enrichir leur contenu : projection sur les compétences à venir, mobilité interne, formation et perspectives d’évolution. Pour les services recrutement, cela implique aussi de mieux documenter les compétences dès l'embauche, puisque le premier entretien doit intervenir dans les douze mois.
Les employeurs qui ne respectent pas ces nouvelles règles restent exposés aux mêmes sanctions que sous l’ancien régime : un salarié n’ayant bénéficié d’aucun entretien ni d’aucune formation sur la période de référence peut obtenir l’abondement correctif de son compte personnel de formation, à la charge de l’entreprise.
Un marché de l'emploi qui ralentit mais recrute encore
Cette réforme arrive alors que les intentions de recrutement marquent le pas : selon l’enquête annuelle Besoins en Main-d’Œuvre de France Travail, les employeurs annoncent 2,3 millions de projets de recrutement pour l’année, en baisse de 6,5 % par rapport à l’an dernier. Un ralentissement deux fois moins marqué que celui observé l’année précédente, et les difficultés de recrutement reculent elles aussi nettement : 43,8 % des projets sont jugés difficiles par les employeurs, contre plus de 50 % un an plus tôt.
- Santé, action sociale et services à la personne : environ 322 000 recrutements prévus
- Hôtellerie-restauration : environ 319 000 recrutements prévus
- Commerce et distribution : environ 264 000 recrutements prévus
- Industrie : environ 211 000 recrutements prévus
Deux recrutements sur trois se jouent dans les PME et microentreprises, preuve que le tissu économique local reste le premier moteur de l'embauche en France. Dans ce contexte, l’entretien de parcours professionnel devient un outil de fidélisation autant qu’une obligation légale : mieux accompagner les équipes en place coûte souvent moins cher que de recruter, en particulier dans les secteurs où les jeunes actifs restent difficiles à attirer.
Ce que les salariés doivent vérifier
Concrètement, chaque salarié peut demander à son service RH la date de son dernier entretien professionnel pour anticiper le nouveau calendrier. En cas de changement d'employeur, de poste ou de convention collective, il reste possible de négocier une clause plus favorable que le minimum légal. Les accords de branche ou d’entreprise peuvent en effet prévoir une fréquence plus rapprochée, l’entretien de parcours professionnel fixant un plancher et non un plafond.
Questions fréquentes
L’entretien de parcours professionnel est-il obligatoire pour tous les salariés ?
Oui, il s’applique à tous les salariés, dans toutes les entreprises, sans condition d’effectif, dès le 1er octobre pour les entretiens organisés à partir de cette date.
Que se passe-t-il si l'employeur ne respecte pas le nouveau calendrier ?
Les sanctions restent identiques à l’ancien dispositif : à défaut d’entretien ou de formation sur la période, un abondement correctif du compte personnel de formation peut être dû par l’entreprise.
Le contenu de l’entretien change-t-il aussi ?
Oui, l’accent est mis sur l’accompagnement de carrière à moyen terme (mobilité, compétences, projection professionnelle) plutôt que sur un simple bilan annuel, en cohérence avec l’espacement des rendez-vous.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

